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Dimanche 5 février 2006 7 05 /02 /Fév /2006 14:51
L’Étoile
 
“Sur le chemin de l’étoile, est la quête 
De celui qui cherche l’illumination.
Au delà des êtres et des nations,
A la recherche de la parole perdue,
Aux ténèbres des enfers descendu,
Trouvera tour à tour, l’ange, ou la bête.
 
Que celui qui a perdu le chemin de la quête
Lève les yeux vers la voûte étoilée
Dans les ténèbres de l’esprit voilé
La lumière de l’Étoile Flamboyante
Guide et illumine l’âme vaillante
Et indique au pèlerin la direction secrète.
 
A l’opposé du Ponent, où veille Aldébaran du Taureau, à l’Orient,
Commence le chemin de l’initié qui va à l’Occident
Où dans la force, Antarès, au centre du Scorpion, l’attend.
Puis allant vers le royaume du Poisson Austral,
Où règne Fomalhaut, Gardienne du Midi astral
La route des étoiles conduit vers le Septentrion
Où est Regulus dans la constellation du Lion.
A nouveau vers Antares, il établira, pour retourner à l’Orient.
 
Entre le ciel et la terre, entre l’esprit et la matière,
Sur la voie de l’illumination mystique,
Selon les rites de l’initiation antique,
Tracée entre l’équerre et le compas, 
La lumière de l’étoile donne les pas.
Ainsi est l’homme entre les Ténèbres et la Lumière.
 
Au centre de l’Étoile est le divin principe
Au fond du cœur de l’initié,
Dans l’amour il est fortifié.
Car dans le Pentagramme élancé
La dimension de l’homme est tracée.
Elle guide le compagnon et elle l’émancipe.”
 
                                        Jean-Marie Coowar
Par MUSCAT Frédéric - Publié dans : frederic.muscat
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Dimanche 5 février 2006 7 05 /02 /Fév /2006 14:47
L’astrologie est toujours victime du surmoi de l’exclusion !
Voici un épisode significatif. L’éminent astrologue André Barbault relate un fait significatif  : A la fin des années cinquante, en compagnie de Françoise Dolto, de Jacques Lacan et du R.P. Bruno chez lequel il se trouvait pour un projet de congrès sur le symbolisme, Marcel Griaule leur raconta qu’il avait apporté à André Danjon de l’Institut, alors directeur de l’Observatoire de Paris, plusieurs caisses de documentation témoignant d’une prodigieuse cosmologie, inconnue, des Dogons. Il l’avait rassemblée et fait venir tout droit du Soudan où il avait passé une trentaine d’années de sa vie à étudier la leur ; et, la mine d’un seigneur fastueux heureux de son propre présent, il croyait apporter le Pérou au haut lieu de l’astronomie française. Quelle ne fut pas sa triste surprise – il n’en était pas revenu – de s’entendre déclarer sur le champ par ce grand ponte, que ces documents n’avaient pour lui aucun intérêt. Et de tourner les talons aussitôt en lui disant, en guise de consolation : « Mais vous allez voir mon nouveau télescope » ! Illustration parfaite d’une indifférence ou d’un enfermement, comme s’il y avait un abîme infranchissable entre le ciel et l’homme, alors que la vie est avant tout un phénomène cosmique.
Plus que cela même : une aversion. Tenez : en 1974, un astronome américain de Northwestern University, Allen Hynek, se compromet à préfacer un livre du statisticien Michel Gauquelin : Dossier des influences cosmiques, où il raconte qu’il avait effectué des recherches astrologiques aux résultats négatifs, il dit : « le directeur de l’observatoire, dont j’étais à cette époque le collaborateur, me refusa la permission de publier même ce résultat négatif de peur que l’on imagine les astronomes passant une fraction de leur temps, si petite soit-elle, à l’étude d’un tel sujet ! (entre parenthèses, comme s’il était frivole…) ». Et ce préfacier d’ajouter : « Pour un astronome, avoir affaire, même de loin, avec l’astrologie paraît l’exclure de la communauté scientifique. »
Ecoutons, enfin, Rémy Chauvin parler de ses collègues rationalistes, dans la préface de La Science devant l’étrange  de Pierre Duval (Denoël, 1973) :
« Passons sur le problème de Dieu : il est entendu depuis au moins deux siècles qu’il n’existe pas. Nous voilà soulagés. Mais il reste bien des mauvaises herbes dans le champ du père de famille rationaliste. Par exemple, les planètes. Il ne faut pas parler des planètes ; qui parle de planètes est soupçonné d’être astrologue, surtout s’il insiste qu’elles peuvent avoir une influence quelconque sur quoi que ce soit.  Mais, me direz-vous, la Lune et les marées ? Sans doute, un rationaliste admettra d’assez mauvaise grâce que la Lune n’est peut-être pas tout à fait inutile pour expliquer les marées. Mais tenez-vous-en là ; il serait malsain de vous demander si, parce qu’elle agite la mer, elle ne pourrait pas non plus agiter les pattes d’une mouche (Brown a cru distinguer une certaine influence des phases de la Lune sur le comportement de divers insectes) ; mais ceci constitue une influence des astres sur le plan biologique, et donc de l’astrologie ! Je ne plaisante aucunement ; moi qui suis du métier, je vous jure bien que si un jeune s’avisait de faire une thèse sur l’influence de la Lune sur les végétaux et les animaux, il aurait tout le monde contre lui, et il faudrait que le travail soit diablement bon pour être admis ; et même dans cette hypothèse, je ne suis pas sûr que la thèse passerait. Donc les influences planétaires sont exclues.
Reste le Soleil. Ce n’est pas une planète mais il a tout de même un passé chargé du côté astrologique. Il n’est pas dépourvu de toute influence sur la terre ; on ne peut pas le nier, il est trop gros. Mais, s’il vous plait, pas de recherches malsaines sur l’influence du Soleil en biologie ! Les taches solaires et leurs variations ? Oui, peut-être ; enfin il est admis qu’elles « font quelque chose » à la Terre. Mais des travaux là-dessus ne sont que modérément recommandés. Il y a tant de belles choses à faire, disent les rationalistes ; pourquoi vous exciter justement là-dessus ? N’auriez-vous pas par hasard des tendances mystiques refoulées et, pour tout dire, astrologiques, embusquées dans votre inconscient ? »
Ce savoureux brocard de Chauvin montre à l’œuvre le refoulement dont l’astrologie est l’objet. Le savant bien pensant de la communauté scientifique la récuse comme une connaissance périmée, laissée depuis trois siècles sur le bas côté du chemin du savoir établi ; illusion collective abandonnée par l’homme et reléguée au musée des antiquités.  Si bien que sa survivance ou persistance est ressentie comme une maladie honteuse de la pensée, reste de gourme moyenâgeuse de mentalité magique à décrasser, de parasite de mentalité primitive à éradiquer, un esprit adulte et éclairé par le progrès des sciences se tenant délivré d’une telle superstition.
Mais, n’est-ce pas là un dangereux conformisme ? De plus en plus d’hommes de science, reprenant contact avec l’astrologie, révisent un tel jugement. Faute de passer par là et d’en venir à sa propre édification, c’est naturellement sous l’avis du jugement général du milieu scientifique que se range l’intellectuel. S’en tenir à une idée reçue n’en est pas moins un pur acte de foi, tributaire des métamorphoses d’une conscience collective fluctuante.
Jadis régnait une adhésion, l’univers collant à l’homme comme une tunique de Nessus. Le doute est venu d’une distanciation où celui-ci, s’affranchissant de la nature dans un dégagement de son milieu, croit se découvrir un être parfaitement libre. Cette désertion de son climat cosmologique lui fait voir la vieille astrologie comme une branche morte du tronc du savoir humain, son support lui ayant fait défaut. L’esprit rationnel met bon ordre à la connaissance, au prix d’un évident refoulement. Ce n’est pas par hasard si la nouvelle vague porteuse actuelle accompagne l’état nouveau d’un homme que l’univers interpelle, ainsi que ses ténèbres intérieures, découvrant du même coup l’illusion de sa liberté. Depuis plusieurs décennies, n’est-on pas engagé dans une gigantesque mutation collective qui refaçonne la vision du monde à la faveur de bien des reconsidérations ?
De toute façon se reposait le problème de la manière expéditive dont on a cru bon de se débarrasser de l’astrologie. Certes, si un « déterminisme astral » avait régné souverainement, jamais elle n’aurait pu être contestée. Qu’elle l’ait été est bien significatif d’une problématique de sa réalité à la lisière  du vrai et du faux.
De tout temps, d’ailleurs, elle a eu ses partisans et ses détracteurs. Cela témoigne de l’évidence d’une subtilité du fait astrologique. Ce qui m’a fait dire que son paradoxe était qu’elle avait besoin du libre-arbitre pour être sauvée. A ce compte, on peut comprendre que ce soit seulement un état d’esprit qui ait décidé de son sort. Oui, son rejet n’a tenu qu’à la simple conviction d’un bon sens d’une mentalité collective critique. Nulle vérification n’a été entreprise pour valider cet abandon. Ainsi, se dispensant de démonstration, s’est-on contenté d’une justification a priori. « Cette prétendue science n’a pas été réfutée ; elle est tombée en désuétude » considère Pierre Thuillier dans son ouvrage : D’Archimède à Einstein, comme une flamme qui a vacillé dans le climat de désaffection de l’époque, sans toutefois s’éteindre.
Quant au rejet, il est des plus laconiques, Laplace se suffisant de dire que l’astrologie s’était « maintenue jusqu’à la fin de l’avant-dernier siècle (le XVIIe s’entend), époque à laquelle la connaissance généralement répandue du vrai système du monde l’avait détruite sans retour ». Mais cela appelle une démonstration qui n’a jamais été faite.
L’astrologie annulée par l’abandon du système de Ptolémée au profit du système de Copernic ? Qu’est-ce que cela change, quant aux configurations, que la Terre tourne autour du Soleil plutôt que le Soleil autour de la Terre ? Les fondateurs de l’astronomie moderne :
Copernic, Tycho-Brahé, Kepler et Galilée, ont-ils pour autant abandonné leur pratique astrologique, et la révolution copernicienne n’est-elle pas surtout le fait d’astrologues ? Kepler et Galilée ont insisté sur la non-conséquence de ce changement. Et quand on sait que la configuration astrologique la plus importante est le lever et la culmination d’une planète, comme le soleil à l’aurore et à midi, on peut affirmer le contraire : à savoir que l’astrologie repose entièrement sur l’uranographie de notre globe, fondée qu’elle est sur les mouvements de la Terre, et par suite sur les phénomènes célestes d’expression terrestre, l’astre du ciel étant mis en cause par rapport à nous, Terriens, au lieu où nous sommes. Aujourd’hui, d’ailleurs, cet a priori se fait silencieux.
N’empêche que ce refus est devenu un dogme du milieu astronomique international : l’astrologie est morte et à tout jamais enterrée ; elle n’appartient plus qu’à l’histoire et est reléguée au musée. Mais il n’est pas cadavre plus insurrectionnel ! C’est que, depuis un demi-siècle, non seulement la momie étiquetée pour l’éternité s’est mise à bouger, mais encore, désertant le musée, elle est descendue dans la rue et est devenue un phénomène de société !
Du coup, ce regain d’intérêt a suscité la curiosité. Il devait bien arriver qu’un jour quelqu’un s’avisât de revenir sur le dossier de la condamnation pour en avoir le cœur net. C’était bien beau de rejeter en théorie, de nier par principe, mais que vaut ce refus a priori ? Une vérification s’imposait tôt ou tard. Si possible, un contrôle statistique, pour faire impartialement parler les chiffres. Avec, cette fois, le seul valable résultat a posteriori, le permis d’inhumer véritablement rationnel de l’astrologie allait-il enfin être délivré ? Car même si l’astrologie est fausse, le fait de pouvoir le prouver ne peut manquer d’intérêt.
Là se place l’aventure du couple Michel et Françoise Gauquelin qui ont consacré leur vie à la question, adversaires résolus finissant crypto-astrologues, après plusieurs séries d’enquêtes portant sur une centaine de milliers de naissances. Exemples de résultat : Mars se lève et culmine de façon significative à la naissance de 2088 champions sportifs européens, et il en est de même avec 3142 chefs militaires ; pareillement avec Saturne chez 3647 savants de diverses académies ; Jupiter chez 993 politiques notables ; la Lune chez 1352 écrivains ; Vénus chez 5100 artistes, etc.
Avec un résultat d’ensemble sur 25.000 naissances dépassant cinq fois l’écart probable, outre que, chaque fois, c’est l’astre prévisible qui est apparu aux deux mêmes lieux où on l’attendait selon la doctrine astrologique !  Autre résultat : sur 2 groupes de chaque fois 30.000 naissances, il est apparu, d’une façon non moins significative, que l’enfant avait tendance à naître en répétant un lever ou une culmination de la même planète observé déjà à la naissance de l’un de ses parents, cet effet d’hérédité astrale s’intensifiant avec le même phénomène observé à la fois chez la mère et le père.
« Si maintenant la statistique se met à prouver l’astrologie, alors je ne crois plus à la statistique », avait rageusement dit Jean Rostand en apprenant, dans les années soixante, le résultat d’une vérification effectuée par une équipe du milieu de l’Union rationaliste sur Mars et les champions sportifs, résultat aussitôt fourré au placard. L’affrontement s’est poursuivi aux USA, à la revue rationaliste The Humanist, qui a mené un combat acharné en vue de refuser les résultats obtenus ; épisode dont a rendu compte avec honnêteté Ethnologie française dans son numéro 23 de septembre 1993.
L’adversaire se cramponne, au point même de se livrer à un véritable trafic de chiffres et de populations testées, hommage involontairement rendu à celle qui le défie. Mais, le pourra-t-il longtemps ?
On peut en douter avec ce dernier test. Il s’agit d’une enquête effectuée par Didier Castille qui travaille à l’INSEE. Elle porte sur une population de 6.498.320 mariages, somme des unions conclues en France de 1976 à 1997. La vérification traite des positions en longitude du Soleil de l’époux et du Soleil de l’épouse, comptabilisées l’une par rapport à l’autre en écart angulaire au long du zodiaque, cet écart allant de 0° – conjonction qui se produit lorsque les deux conjoints ont le même anniversaire – à 180° d’un côté et de l’autre, les anniversaires en question se présentant aux antipodes, à six mois de distance. Une forte attirance masculine-féminine se présente autour d’un commun anniversaire, le sommet du maximum d’unions étant atteint sur les 10 jours (10° d’orbe) des plus proches anniversaires conjugaux.
Déjà, une semblable enquête, effectuée par une équipe commanditée par Gunter Sachs, portant sur les 358.763 mariages conclus en Suisse de 1987 à 1994, avait donné exactement le même résultat. Devant pareil bilan, on peut s’interroger s’il n’existerait pas un phénomène d’attraction psychique parallèle à l’effet physique de l’attraction universelle ?
N’empêche que l’astrologie est en train d’acquérir un statut probabiliste, et, en 1980, nos coriaces adversaires, Michel et Françoise Gauquelin, en ont convenu ainsi : « Pour la première fois, la preuve scientifique de l’existence d’une certaine réalité astrologique, les symboles planétaires, est clairement donnée. Le symbolisme planétaire fermement ancré dans nos esprits, déjà décrit il y a vingt siècles par Claude Ptolémée, est plus qu’une image : une réalité ; les gens nés sous Saturne sont réellement saturniens ; sous Mars, réellement marsiens ; sous Jupiter, réellement jupitériens. » Ainsi, le scriptural astral est un fait !
Si l’astrologie revient en force – il est vrai, aussi négativement en effet charlatanesque déplorable pour le grand public, qu’en effet positif de nouveau sujet de connaissance – n’est-ce pas qu’en fait, à quelque éclipse accidentelle près, il existe une pérennité du vieil art d’Uranie, parce que celui-ci porte en lui une véritable « idée-force » ?
Tapie dans l’inconscient collectif, qui est le siège central de notre cosmicité, cette « idée-force » de l’astrologie, en frisson de vie universelle, est justement dans sa manière même de s’imposer jusqu’à se rendre transhistorique, poursuivant son histoire de civilisation en civilisation comme le fil d’un collier de perle en perle, pour reprendre l’image de Gilbert Durand. Car l’homme – ce petit vivant de rien du tout dans l’immensité du cosmos – est habité par elle : c’est précisément parce qu’il vit obscurément le phénomène astrologique que celle-ci est née et renaît périodiquement en lui. La puissance de cohésion du souffle spirituel qui la porte vient simplement de ce que l’âme humaine est d’essence anthropocosmique : sa pérennité et son universalité ont leur siège au cœur de chacun de nous, où se célèbrent les noces de l’homme et du ciel. Quand l’astrophysicien Hubert Reeves en arrive à dire que « tout l’univers est mystérieusement présent à chaque endroit et à chaque instant du monde », ce qui est pour lui aboutissement de réflexion scientifique est en réalité vécu quotidiennement depuis toujours par l’astrologue qui reçoit l’être humain naissant comme un condensé d’univers.
Ne nous méprenons pas sur la valeur indifférenciée de cette « idée force », source de « foi » astrologique que l’âme susurre et que l’esprit suspecte, l’une croyant et l’autre doutant. Cette foi alimente les traditions populaires, les croyances naïves, et remplit les baraques foraines de la bonne aventure. Certes, mais c’est d’elle aussi ou de son intuition qu’est venue l’étincelle première des rencontres entre le signifiant astral et le signifié humain, le premier répondant au second, précisément au niveau du battement de cœur. C’est à son flair que nous devons l’essentiel du langage astral : la révélation prémonitoire  du symbolisme planétaire et de la façon dont nous sommes astralisés ; bref, les racines du savoir de l’être verbal qu’est le thème natal lu.
Ici, il faut s’en tenir à une invitation à la connaissance, à un appétit d’apprendre sur une démarche intuitive initiale qui fait penser à la Fortune aux yeux bandés avançant à tâtons, au savoir seulement proposé, suggéré tout au plus, celui-ci n’étant pas forcément parole de vérité et ayant besoin d’être assis dans la réalité. C’est tout le chemin qui sépare la « foi » astrologique du « fait » astrologique, accession à une authenticité de connaissance acquise expérimentalement.
Il faut ajouter que l’idée-force en question a le support de la plus grandiose intuition philosophique qui soit : l’astrologie expression de l’unité du monde et de l’interdépendance de ses constituants, une structure étant ressentie commune aux astres et aux hommes afin que l’Un soit lié au Tout. Avant de devenir fille folle de l’astronomie, Uranie avait été alors à la fois déesse spirituelle nourrissant la sagesse antique et reine des sciences, interrogeant le mystère du monde. Or, si entre-temps, elle est apparue comme un monstre épistémologique, il n’en est pas moins vrai que, depuis plusieurs décennies, nous assistons à un chambardement de valeurs qui fait tomber les barrières les unes derrière les autres en rapprochant de plus en plus la spéculation égarée d’un champ de savoir ouvert à la scientificité.
Par exemple, au plus grossier des jugements empiriques, c’était une litanie d’invoquer l’immensité de l’éloignement des astres dans  l’espace. Or, cet argument de la séparation spatiale a perdu toute sa valeur avec la révolution astronautique, maintenant que la Lune n’est plus qu’à trois jours de la Terre et que Mars est atteint au bout de neuf mois.
Il n’y a pas si longtemps, aussi grossièrement, dans son « Que sais-je ? » sur l’astrologie, l’astronome Paul Couderc ravalait Mars à un simple et vulgaire « caillou ». Quelle blague lui auriez-vous faite si vous aviez pu lui dire que les planètes, desquelles il croyait tout savoir, avaient des anneaux, des queues magnétiques, des émissions radio, que sais-je encore ?
Or, sur ce chemin, c’est tout à la fois l’homme qui s’approche du ciel et le ciel qui s’approche de l’homme, dans une même pensée unitaire du biologiste et de l’astrophysicien.
Pour le premier, tout apparaît de plus en plus continu dans la nature, le monde des êtres vivants formant la trame ininterrompue d’un vaste système qui englobe toute la terre. Selon François Jacob, « la cellule est à la molécule ce que la molécule est à l’atome : un niveau supérieur d’intégration. Des particules à l’homme se rencontrent toute une série d’intégrations, de niveaux, de discontinuités. Mais aucune rupture, ni dans la composition des objets, ni dans les relations qui s’y déroulent. Aucun changement d’essence. » C’est ainsi que l’analyse des molécules et des organites cellulaires est maintenant devenue l’affaire des physiciens. C’est par la cristallographie, l’ultracentrifugation, la résonance magnétique nucléaire, la fluorescence, etc. que se précisent désormais les détails de la structure.
De son côté, l’astronautique a conduit l’astrophysicien à reléguer la notion de « vide interstellaire » au stock des idées périmées. Rien n’était plus terrifiant à l’esprit méditatif que l’impression du timide clignotement des étoiles au-dessus de nos têtes qu’un vide spatial immense et absolu séparait de nos personnes, le hiatus paraissant total et définitif entre elles et nous. Or, cette inoccupation de l’espace n’était qu’une apparence.
D’une part, l’atmosphère qui entoure notre globe dans ses couches les plus larges (troposphère, stratosphère, ionosphère et magnétosphère) est devenue partie intégrante de la Terre.
D’autre part, l’atmosphère du Soleil, quant à elle, se prolonge jusqu’à notre globe ; notre magnétosphère y baigne, considérée comme une simple extension de la couronne solaire.
Au vide interplanétaire font place les émissions de protons et d’électrons du « vent solaire », les sillages des « chevelures » ou « queues magnétiques » des planètes, soit tout un champ interplanétaire. Au vide intersidéral considéré comme tel se substitue maintenant un immense nuage de matière et d’électrons sous forme de galette centrée sur le Soleil, dans lequel baigne tout le système et dont rendent compte maints phénomènes connus.
On en est même arrivé à concevoir que c’est, dans ce milieu du cosmos, la matière interstellaire elle-même qui constitue le matériau fondamental à partir duquel tout l’univers est construit. Et elle est le tissu interstitiel d’une Terre qui se prolonge jusqu’au Soleil, une Terre née d’ailleurs de celui-ci ou d’une agglomération de poussières cosmiques Et sur ce même globe apparaît l’espèce humaine comme une création du milieu cosmique, posant l’homme dans un continuum sur la chaîne du vivant comme une entité indivisée du monde et coextensive à l’univers.
Ce n’est pas tout : à son tour, la physique campe l’individu dans la dimension d’une anthropologie cosmique. Dans les années soixante, Jacques Bergier disait que la physique répudie l’astrologie tant qu’elle en reste au principe de séparabilité, les actions  instantanées à distance étant tenues comme impossibles, seules étant conçues celles qui s’établissent de proche en proche avec une vitesse finie de transmission qui ne peut excéder celle de la lumière, quelque soit le mode ondulatoire ou corpusculaire de transmission. Il y avait déjà des physiciens qui s’émancipaient de cette version, tel Jean Charon, tentant une ouverture vers une première liaison de l’Un avec le Tout en élargissant l’espace des particules élémentaires à leurs champs gravitationnel, électromagnétique, nucléaire, jusqu’à le rendre coextensif à tout l’univers.
Or, depuis deux décennies, nous en sommes au principe de non-séparabilité qui consacre l’indivisibilité fondamentale de l’univers. Au point d’en arriver qu’on ne peut séparer le phénomène observé de l’observateur, objet et sujet étant le tout d’un « principe anthropique ». Ce qui a fait dire à Bernard d’Espagnat de Bohr : « Il a replacé l’homme au centre de sa propre représentation de l’Univers d’où Copernic l’avait chassé ». Ce qui est mis en valeur par cette indivisibilité fondamentale, au-delà de la relation causaliste fragmentaire et localisée en succession, est la notion de globalité avec effet de totalité en simultanéité. Dans le champ opératoire d’un système accouplant dans l’espace-temps deux éléments les plus éloignés comme les hommes et les astres, la séparation spatiale des uns et des autres est un verrou qui saute définitivement.
Ajoutons encore le concours de la psychologie moderne depuis qu’elle explore l’inconscient. C. G. Jung n’a pas craint de dire que « l’âme pourrait être à la fois un point mathématique et avoir l’immensité d’un monde planétaire ». Et il est encore plus explicite :
« En tant que la personnalité est inconsciente, elle ne peut être distinguée de tout ce que ses projections contiennent, c’est-à-dire qu’elle est identique à une partie considérable de son entourage, ce qui correspond à la participation mystique. 
Cette situation est de la plus haute importance pratique, étant donné qu’elle permet d’expliquer les symboles particuliers par lesquels cet état se traduit dans les rêves. Je veux parler des symboles du monde environnant et des symboles cosmiques. Ces faits constituent le fondement psychologique de la représentation de l’homme comme microcosme, lequel est relié, comme on le sait, au macrocosme par les composantes du caractère formulées en termes astrologiques. »
En langage psychanalytique, l’interface entre le macrocosme et le microcosme est une réalité de l’âme inconsciente, cellule de l’univers astrologique. Les liens de l’homme et du ciel y ont comme support la nature affective du cœur humain et comme mode relationnel l’identification en sa double manifestation : la projection qui fait l’homme cosmomorphe et l’introjection qui fait l’astre anthropomorphe. Dans le premier cas, l’être psychique investit le cosmos, démarche extravertie qui le campe à la dimension du vaste univers, ainsi humanisé à son image. Avec le second, en une démarche introvertie d’incorporation du dehors par l’être psychique, c’est le monde qui se miniaturise à l’échelle de sa personne, réception d’une condensation astrale. Bref, le cosmos est en nous comme nous sommes dans le cosmos.
Dans la pensée astrologique, l’enfant qui naît est un instant d’univers localisé qui s’humanise. Allons, dans cette réhabilitation rampante du principe astrologique, l’astrologue redevient une fréquentation de bonne compagnie.
Certes, la critique de l’astrologie reste à l’ordre du jour. A condition, toutefois, qu’en face d’une superstition combattue le sceptique mette en question ses propres préjugés. Car on peut mettre dos-à-dos foi et préjugé comme sujets de suspicion : la première est au féminin, à la sphère de la psyché, ce que le second est au masculin, au monde du logos, le préjugé risquant d’être un procès inconscient fait à l’âme humaine, au point – comme disait en la circonstance Kepler – de « jeter le bébé avec l’eau du bain ».  Il faut savoir naviguer entre l’un et l’autre.
On peut d’ailleurs être séduit sans pour autant se sentir gagné à la cause. Non sans raison, il est vrai. Si l’astrologie « marche », comme l’entend celui qui la pratique, comment marche-t-elle et pourquoi fonctionne-t-elle ? Ici, l’on en reste aux hypothèses.
On lui suppute une voie structuraliste, par laquelle peut opérer une homologie de structure entre nature et esprit. Dans l’optique du « principe anthropique », puisque l’homme et le monde sont un et que conscience et objet n’y ont d’existence que l’un par l’autre, le principe de similitude a en soi sa raison d’être. Partant de là, l’astrologie se pose comme grammaire des similitudes fonctionnant sur les claviers des « correspondances universelles », entre l’agent et le patient, l’objet et le sujet,  l’externe astronomique et l’interne humain. Elle est le langage du signe dans une nature qui est en soi activité signifiante conférant aux choses leurs propriétés sémantiques.
Le signe est donc une donnée naturelle accédant à l’essence de l’âme humaine à la faveur du rapport d’identité entre le symbole et le symbolisé dans un renvoi du signifiant et du signifié. Il s’agit, en l’occurrence, d’un mode de connaissance réflexive où le monde est miroir de lui-même. De temps immémorial existe la notion de reflet des semblables, dans un renvoi mutuel de leurs images entre le Créateur, la création et la créature humaine, comme entre le macrocosme et le microcosme où l’homme est face à son double cosmique, sa réplique.
Nous voici au cœur de ce que les épistémologues appellent l’épistémè de la similitude. Après avoir analysé le mode de fonctionnement de ce type de pensée, ceux-ci n’ont vu dans cette logique du signe qu’une vieille ratio des analogies et signatures relevant d’une pensée sauvage, assurément pré-scientifique.
Il est curieux que Gaston Bachelard en soit resté là, lui qui s’est si largement servi de la pensée psychanalytique et dont les ouvrages sur les quatre éléments sont aux portes d’une réhabilitation de la pratique astrologique. La configuration épistémologique contemporaine en est restée là, en particulier avec Michel Foucault qui n’a perçu en la similitude qu’une forme révolue d’intellection du monde où l’esprit est tombé, selon lui, dans l’indistinction entre le signe et la chose, le signe et le nom, le nom et le sens. Bref, il n’y aurait guère eu là qu’une manière infantile et périmée de penser, ayant justement conduit à un faux savoir, l’astrologie y prenant place comme savoir fossile.
Que l’épistémè de la similitude ne soit pas la bonne manière de raisonner s’il s’agit de rendre compte de la réalité matérielle du monde va tellement de soi qu’on devrait s’interroger si son mode de penser n’a pas sa propre substance d’investigation qui lui octroie sa raison d’être ? Justement, peut-on se passer de sa démarche spécifique pour explorer l’être humain ? Il ne suffit pas de se contenter d’observer que la pensée analogique de cet épistémè est un savoir remontant à l’enfance de l’humanité en même temps que l’enfance du savoir, car, avant tout, c’est la nature de l’objet à connaître qui détermine la manière spécifique de connaître ; et ici, justement, nous avons à remonter à la racine des choses qu’est la nuit de l’être humain.
Quand Freud interprète un rêve, ânonne-t-il le balbutiement d’un homme des cavernes ou perce-t-il un profond mystère du rêveur ? C’est justement parce qu’il repasse par une enfance du savoir qu’il décrypte le rébus fait, précisément, du savoir de l’enfance. Ici, l’inconscient est à l’œuvre, qui parle la langue maternelle de l’instinct, obéissant à « la loi des structures symboliques » (Lévy-Strauss).
Il faut donc percevoir le sujet astrologie en conformité avec l’objet qui le justifie : l’être humain dans sa condition première anthropocentrique, dans sa subjectivité, dans sa vie intérieure, soit l’infrastructure psychologique de l’âme humaine, c’est-à-dire son monde psychique profond. Car c’est la phénoménologie de l’inconscient qui tient lieu de « matière » à l’union symbolique du signifiant externe astronomique et du signifié interne humain.
On peut comprendre qu’on ait pris l’astrologie pour un savoir archaïque sans avoir pensé qu’elle était ce que la faisant notre nature humaine « primitive » dans tout son irrationnel, mais plus largement le comportement archétypal de la psyché avec sa mythologie, les enfantements de l’imaginaire et les visages du battement de cœur. De savoir irrationnel, l’astrologie se mue en connaissance de l’irrationnel et du surrationnel.
Il va de soi qu’aujourd’hui la psychanalyse est logée à la même enseigne de l’épistémè de la similitude, son système de décodage étant du même ordre avec de semblables claviers symboliques ; si bien qu’on peut dire que le langage astral relève d’une herméneutique psychanalytique, autonome n’en restant pas moins le contenu sémantique du discours astrologique, avec son verbe sui generis.
Si l’on y regarde de plus près, il se révèle d’ailleurs que la nature essentielle de cet épistémè a échappé aux épistémologues qui n’ont perçu que la coquille sans voir le fruit qu’elle abritait. Réel pourtant est celui-ci et s’il est non moins perceptible comme fruit de l’arbre de l’indivisibilité fondamentale, c’est de très haut qu’il faut le quérir pour n’en pas trahir l’essence.
Il n’est nullement déplacé d’évoquer à son propos la vision traditionnelle d’un langage sacré du monde à déchiffrer, celui de l’écriture totale du texte du Grand Livre de la Nature, où les signes célestes délivrent un langage divin, ces signes étant porteurs d’un discours initiatique puisant au trésor d’une langue maternelle universelle, discours pénétré du sens caché des choses et révélateur du mystère de la vie.
Dans sa plaidoirie de l’astrologie, André Breton célèbre en elle une « langue d’or » de l’analogie, « qui tend à permettre les plus grands échanges entre l’homme et la nature en établissant entre eux tout un réseau de localisations qui se correspondent ». Ici, Baudelaire nous revient à l’esprit :
 
« Comme de longs échos qui, de loin, se répondent,
Dans une ténébreuse et vivante unité. »
 
Qu’est-ce qu’un poète, disait-il, si ce n’est un défricheur, l’artiste devenant le servant de l’Evangile des correspondances. Tous les auteurs du Mouvement symboliste de la fin du XIXe siècle, avec leurs précurseurs, de Swedenborg à Baudelaire en passant par Nerval, le proclament, pour qui l’acte poétique remonte à l’unité de l’esprit qui restitue l’unité de la création, d’où se déduit l’analogie fondamentale entre l’homme et l’univers.
A côté de l’homme de science est aussi l’homme inspiré par la connaissance du cœur. D’où l’on voit que l’art royal des astres est le terrain commun où peuvent se rencontrer la science, la poésie et la religion. Et c’est sans doute à ce carrefour central de la plus entière expérience humaine que l’on mesure toute la richesse du contenu de l’épistémè de la similitude. Finalement, de vieillerie attardée, la configuration épistémologique de la science d’Uranie se métamorphose étrangement en connaissance d’avant garde porteuse d’avenir.
En attendant que la vieille dame indigne qui a l’inconvenance de ne pas trépasser soit reconsidérée et intégrée à un nouveau paradigme scientifique, l’actuel qui la refuse n’étant pas éternel,  que notre art d’Uranie veuille bien, de son côté, tout mettre en œuvre pour se faire accepter.
Il ne faut pas craindre de respecter la spécificité du phénomène astrologique en se rappelant que c’est l’être humain naissant qui est au centre de sa carte du ciel, entouré de ses configurations. Ici, l’astrologie tourne le dos à la science qui traite du générique en s’adressant au particulier, comme connaissance de l’individuel, en tant que savoir du singulier. Le ciel astrologique est le fait astral vécu d’un être identifié à un « ici-maintenant » de l’univers, comme si l’homme avait valeur de centre et de but de la création. Nous revoilà en plein humanisme dans une réhabilitation sans pareille de l’être, de la nature humaine sur cette Terre. Ici, le but principal de l’astrologie est de révéler l’être à lui-même, de l’accorder à sa vérité essentielle, la meilleure condition humaine étant obtenue lorsque l’homme épanouit en lui les structures qu’il a en commun avec la nature.
Il faut dire aussi qu’on en est à un stade d’évolution du savoir encore provisoire. Certes, celui-ci a un indubitable enracinement. L’astrologue n’a pas inventé son horoscope en une fabrication factice : c’est l’authenticité d’astres donateurs de sens qui est fondatrice de la pensée astrologique. Mais, tant que la somme de nos « je ne sais pas » occupe une place dominante au sein de l’univers astrologique, la menace qui nous guette consiste à faire de la « récupération » au musée d’une astrologie largement disponible dans son état même d’inconditionné, de non-composé, de non-devenu.
Toute substitution, colonisation ou confiscation devient possible, en s’emparant de quelques bonnes idées tout en n’assimilant qu’un simulacre, ou encore, en en déviant le sens pour seulement la mettre à notre portée. La plus vieille connaissance du monde en est encore dans l’enfance. Pitié pour les astrologues ! C’est encore par eux que l’institution astrologique est la plus malmenée.
Pitié aussi pour leurs adversaires, en particulier leur « ennemi numéro un »  français actuel, l’astrophysicien Jean-Claude Pecker, si assuré de son coup. Dans son livre sur le Soleil, s’adressant au lecteur à propos des orages de Jupiter résultant de l’activité solaire, il ajoute : « …il s’apercevra, sans doute avec quelque stupeur, qu’il n’est pas exclu que les planètes influencent, par un juste retour des choses, l’activité solaire ; mais il ne devra pas pour autant en conclure que l’astrophysique jovienne et solaire donne des armes à l’astrologie dont il n’est pas difficile de montrer l’inanité. »
Ici, nous passons à l’astrologie mondiale où – surprise – celle-ci a son mot à dire en la partie. Il se trouve, précisément, que – héritier du dogme traditionnel de la Grande Année des Pythagore, Platon, Aristote, etc. - l’informateur au sommet de la conjoncture prévisionnelle des tendances lourdes de l’histoire est un « indice cyclique » qui  rend compte des relations des cycles planétaires entre eux. Or, cet indice a effectivement partie liée avec un phénomène de centration-décentration du corps du Soleil par rapport au foyer des diverses orbites du système planétaire ; phénomène retentissant directement sur l’activité solaire, selon l’enseignement d’Alexandre Dauvillier, astrophysicien du Collège de France. Il ne faut donc pas trop s’emballer avec de telles exclusives en un domaine où l’on a encore tout à apprendre.
Enfin pour clore mon billet, je ne peux m’empêcher les mots du merveilleux poète de l’univers que fut Camille Flammarion : 
« Nous sommes citoyens du ciel. Que nous le sachions ou que nous l’ignorions, nous vivons en réalité dans les étoiles. »
Par MUSCAT Frédéric - Publié dans : frederic.muscat
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Dimanche 5 février 2006 7 05 /02 /Fév /2006 14:38
En astrologie, lorsqu’on étudie les transits ou tous autres moyens prévisionnels, le mot “crise” apparaît comme synonyme de catastrophe insurmontable.
Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’une crise n’est pas une épouvantable calamité. Le dictionnaire Larousse mentionne que le terme de “crise” vient du grec krisis, qui veut dire “décision” qui conduit au terme “décider” qui signifie : Pousser à agir, à prendre telle ou telle décision. Ou encore : Choisir comme objectif ; déterminer, fixer, décréter quelque chose.
Par conséquent, une crise est un tournant qui précède le CHANGEMENT. Eviter une crise reviendrait à vouloir éviter de changer, ce qui est manifestement impossible. Car ce qu’il faut bien comprendre, c’est que l’amour, la pensée, l’action, se développent selon une loi draconienne où chaque nouvelle forme bouleverse ou détruit la précédente. Contrairement à ce que suggère l’image de l’arbre, qu’on propose facilement comme modèle de croissance, le passage se fait par la contradiction et le manque, non d’une façon tranquille et homogène.
Bien que toute matière vivante ou inanimée, soit en changement constant, il apparaîtrait que seul l’homme a la capacité de décision consciente. Pour évoluer, il doit abandonner, en faveur d’un choix conscient, le comportement instinctif qui ne sert que son instinct de conservation ou ses compulsions sociales. Malheureusement, on  est toujours tenté d’éviter la prise de décision, dans l’espoir que le besoin qui la motivait disparaîtra et que les choses resteront dans une confortable “normalité”. Quelquefois, cette tactique paraît agir et le fil du statu quo semble ininterrompu ; toutefois, si petite soit la décision ou si insignifiante la crise, cette façon de faire est une démission de soi. Refuser de décider ou compter sur les circonstances ou sur les autres pour prendre la décision, ne délie pas l’individu de sa responsabilité. Chaque fois qu’il n’y a pas prise de décision, les modèles instinctifs inconscients se renforcent. Ce qui n’était que lézarde deviendra ornière et finalement tombeau.
Les crises ne sont pas des événements extérieurs, même si ceux-ci peuvent les précipiter ou conditionner leur développement. Les crises, grandes ou petites, sont essentiellement des opportunités de croissance. Ainsi, doit-on considérer et utiliser les crises à des fins individuelles.
C’est pour ces motifs que les “mauvais” transits ne sont pas nécessairement négatifs en eux-mêmes. Ceci ne décrédibilise par pour autant la pensée traditionaliste avec ses termes de “bons” et de “mauvais” transits. 
Prenons un exemple concret : Supposons qu’à la suite d’un carré Saturne-Uranus céleste qui heurte le Soleil natal d’un individu, celui-ci se retrouve licencié par son employeur. Certes qu’on le veuille ou non au départ, comme le mentionne le traditionaliste, c’est “mauvais” : frustration, doute, pessimisme, remise en question sur son rôle social (intégration), etc. Mais, si l’individu sait se remettre en question, repolariser ses énergies et changer son mode de vie, il va prendre de la maturité et finalement il finira par trouver une situation bien meilleure que la précédente qui peut être plus en harmonie avec sa personnalité et par-là même, il aura donné du SENS (positif) à sa vie. Il aura triomphé et en cela le “mauvais” transit est devenu “bénéfique”. C’est de là que découlent les expressions du genre : “L’homme est un apprenti et la douleur est son maître…”
Mais enfin quoi qu’il arrive, il n’en demeure pas moins vrai qu’au départ c’est douloureux.
Ainsi, si vous n’êtes pas content de votre destinée, changez-vous, faites quelque chose pour vous transformer. Même en commençant par des petits gestes extérieurs comme arrêter de fumer par exemple, en changeant de vêtements, en fermant ses T lorsqu’on écrit... Et puis tout s’enchaîne.
D’ailleurs, combien de fois ai-je vu des gens qui étaient dans le désarroi le plus total, et que j’ai pu sortir de galère en les incitant à une simple prise de conscience de leur situation et à une nécessaire obligation de changement.
Cependant, vous serez aussi surpris que je le fus, de voir qu’il y a des personnes qui refusent obstinément ce changement, ils s’astreignent de manière compulsive, tout en le reconnaissant, à s’accrocher à cette situation.
Afin que vous saisissiez comment cela se passe nous allons prendre l’exemple concret d’un homme qui est né à Marseille (Bouches-du-Rhône) le 8 mai 1957 à 17 heures.
Cet homme est venu me voir en janvier 2003. Son problème était le suivant : marié et père de famille il traversait une phase difficile dans son couple, sa femme était très coquette, portait des tenues vestimentaires très jeunes, se fardait à outrance, en un mot elle avait une persona importante. Lui avait une très bonne situation, mais il ne portait aucun intérêt à son apparence, il se laissait aller et offrait l’image d’un homme des cavernes… A tel point que sa femme le fuyait, mais il assurait la matérielle !
A cette époque, pour pallier sa problématique il s’était acheté une Mercedes… Enfin, il faut savoir que cette situation durait depuis fin 1999 début 2000.
Que se passait-il au niveau des transits ?
Le début de la crise est marqué par les passages de Saturne sur son amas Soleil/Mercure/Vénus en Taureau, puis de mai 2001 à mai 2002 Saturne opérait sa boucle dans le premier décan des Gémeaux au carré de sa Lune en Vierge. Uranus transitait le troisième décan du Verseau formant un carré à son amas.
Lorsqu’il est venu me voir, en janvier 2003 Uranus transitait au carré de sa Vénus natale. Notons, au passage que dans son thème Vénus représente bien, au niveau universel, son pôle d’affectivité mais aussi son Moi, puisqu’elle est maîtresse de l’AS Balance. Ainsi, la crise uranienne lui demandait d’opérer un changement (carré), transformation (Uranus) de sa personne (Vénus : le Moi).
Je lui avais donc conseillé de faire de la remise en forme, de s’habiller, d’entreprendre une transformation de son physique, d’ailleurs c’est ce que son épouse attendait de lui. Sa réponse était : « Oui, je vais le faire… Oui, etc. » Bien sûr il n’a rien fait et sa situation se dégradait de plus en plus. La seule chance qu’il avait, c’est que son épouse avait besoin de ses revenus ! Ainsi elle ne voulait pas, ou plutôt ne pouvait pas, divorcer, ce qui se traduisait par une situation malheureuse : sa femme s’absentait tous les week-ends et lui incapable de se détacher d’elle, se retrouvait seul en marmonnant qu’il allait partir…
Par conséquent ici il y a eu refus de changement et de transformation ce qui s’est soldé par un échec, puisqu’à ce jour ils sont définitivement séparés.
C’est ici qu’il faut prendre comptant la maxime de Saint-Exupéry :
 
“L’avenir, tu n’as pas à le prévoir mais à le permettre.”
 
Mais il y a des cas, et c’est heureux, où le consultant a accepté le changement ce qui s’est traduit inévitablement par une victoire et une vie bien meilleure.
Cela n’est pas de la magie, c’est l’utilisation de la connaissance qu’on a des planètes, c’est ce qu’on appelle “alimenter ses planètes”. Par exemple, quand on a un transit de Saturne, le mode d’alimentation de Saturne, c’est d’entrer en Saturne, c’est-à-dire de faire un travail saturnien, de jouer le jeu de Saturne : la profondeur, les responsabilités, la patience, la persévérance, l’ascèse, le retrait, se mettre en “Yin” etc. Si c’est Uranus, Neptune ou Pluton il faut se transformer, opérer une mutation, modifier ses schémas de comportement, etc. En un mot, il faut aller dans le sens du fleuve qui est représenté par la planète “perturbatrice”. C’est d’ailleurs ici qu’intervient l’axiome qui dit que “le sage guide ses planètes”.
En effet, car ce que les transits ont de déterminant c’est le fond et non pas la forme d’un événement. Ainsi avons-nous l’entière liberté de créer, ou tout au moins de tenter de créer cette forme. Et c’est ici qu’intervient la notion de libre arbitre nous permettant ainsi de donner du SENS à notre vie.
Par MUSCAT Frédéric - Publié dans : frederic.muscat
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Dimanche 5 février 2006 7 05 /02 /Fév /2006 14:26
Afin que vous saisissiez parfaitement ce qu’est l’astrologie, je me dois de synthétiser les deux postulats astrologiques que j’ai évoqués dans mes deux billets qui ont pour titre :
- “Le credo de l’astrologie” (Projection)
- “Comment fonctionne le principe astrologique ?” (Lumière)
Hervé Delboy, écrit dans son ouvrage Astropronostic des périodes critiques de la vie par les directions primaires, Éditions Traditionnelles, page12 : “Dans la religion astrale babylonienne, les astres correspondaient aux demeures des dieux. Ces dieux planétaires renvoyaient à une perception de “qualités” ou de “tonalités” solaire, martienne, etc, organisées sous forme de symboles. Cette projection idéalisée des produits de notre conscience sur le ciel a été analysée par Jung ; elle correspond à la réaction de notre psyché au vécu des saisons et à des biorythmes provoqués par des modifications dans le nycthémère de la lumière et du flux solaire en énergie. Peu à peu, ces symboles planétaires et zodiacaux se sont ainsi exprimés dans notre inconscient collectif et se sont transmis de génération en génération.”
Cette citation définie parfaitement ce que je pense pour ma part depuis des années, à savoir que :
1. Il existe un “Zodiaque-signal” photopériodique auquel réagit le “Zodiaque-réponse” humain, comme si le système nerveux gérait les stimuli cosmiques en relation avec nos horloges internes (rythmes circadiens de la chronobiologie) : c’est la base même de l’Astrologie conditionaliste (laquelle a fait l’objet d’un cycle de Cours).
2. Nous portons nos Dieux planétaires dans nos gênes.
3. La variation Jour/Nuit pour le Soleil (phénomène des saisons) et la variation Présence/Absence du Soleil et des planètes par rapport à l’horizon correspondent - déterminent ? - à des comportements humains spécifiques (caractérologie de Jean-Pierre Nicola : Force et Vitesse, Faiblesse et Lenteur d’Excitation, Inhibition, Induction).
Exemple
Le Bélier possède Force et Vitesse d’Excitation (F+, V+), ses principaux atouts, qui sont aussi ceux du Dieu Mars dans la mythologie grecque. En revanche, il manque de Force d’Inhibition (f-) et ne peut fonctionner ou très mal en Lenteur d’Inhibition (l-). On dit alors qu’il est en Faiblesse d’Inhibition et en Lenteur d’Inhibition inadaptée.
Au contraire du Capricorne, chez qui domine Force et Lenteur d’Inhibition (F-, L-) : le frein est actionné progressivement et durablement (l’image d’un train entrant en gare convient parfaitement !) pouvant mener le signe au despotisme le plus implacable (Staline) comme au plus pur mysticisme (Sainte Thérèse de Lisieux)
Quand aux naissances en hémisphère sud il n’y a aucune raison d’inverser le zodiaque car les caractéristiques des signes reposent sur le rapport surface diurne-nocturne ou nocturne-diurne, qui, quelque soit la saison est le même au nord et au sud.
C’est le fondement même de l’Astrologie conditionaliste avec sa notion Zodiaque photopériodique.
Exemple
Pour Paris (48N50 2E20) le Soleil, situé sur l’écliptique à 17° Scorpion, reste présent 9H27’ au-dessus de l’horizon, du lever au coucher. A 29° Cancer il y demeure 15H16’. Ce temps de présence - générateur de l’alternance et de la variation du jour et de la nuit PARTOUT SUR LA TERRE - définit ainsi le Soleil comme appartenant à tel ou tel signe pour une latitude géographique donnée.
Or ces variations de “surface diurne-nocturne ou nocturne-diurne”, C’est-à-dire les variations de présence/absence des planètes au-dessus de l’horizon agissent comme des stimuli, des SIGNAUX (cycles planétaires) sur l’homme, auxquels celui-ci “répond” par des comportements spécifiques (type de pensée, forme de psychisme, comportement affectif, etc.) en accord avec les signes, un peu comme si le système nerveux gérait ces stimuli cosmiques en relation avec ses horloges internes (rythmes circadiens par exemple). Ainsi peut-on passer d’un Zodiaque “rythmique” local (propre à une latitude) à un ZODIAQUE UNIVERSEL, VALABLE POUR TOUTE LA TERRE.
Par MUSCAT Frédéric - Publié dans : frederic.muscat
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Dimanche 5 février 2006 7 05 /02 /Fév /2006 11:53
En astrologie, les planètes sont les protagonistes, chacune d’elle s’identifie à un archétype qui est en rapport avec tous les autres par des liens établis à un niveau métaphysique très profond : le niveau du symbole.
Ainsi, le génie propre de l’astrologie réside dans sa capacité à rattacher, de manière significative, toutes les modalités de fonctionnement connexes au sein d’un ensemble organique quel qu’il soit, à dix fonctions principales, dont chacune est représentée par une planète.
        En effet, les Planètes représentent des fonctions essentielles qui se prolongent dans tous les systèmes d’activité organisés.
        Ces fonctions “planétaires” ont, à la base, le même caractère, mais elles agissent à des niveaux différents. Qu’il s’agisse de galaxies, de système solaire, de cellules et d’atomes ou encore de plantes, d’animaux et d’êtres humains, tous ces systèmes constituent des ensembles organisés.
A la place d’“organisé” nous pourrions employer l’adjectif “organique” pour exprimer le fait que l’univers et les ensembles qui le composent sont des organismes “vivants”. Il est aussi permis d’étendre la notion d’ensemble organisé, sinon d’organisme, à une nation ou à une institution plus ou moins permanente, capable d’assurer sa propre préservation.
C’est pour ces motifs que je dis toujours : que la principale caractéristique du symbole réside dans sa capacité remarquable d’embrasser le spectre complet des fonctions psychiques et existentielles.
Ainsi, dans cette perspective le Soleil représente toujours le principe de vie, de force originelle, d’où s’écoulent les énergies utilisées dans les activités de l’organisme. D’où, son rapport avec le principe masculin.
La Lune symbolise toujours le pouvoir d’adaptation de l’organisme à son environnement, ainsi que sa capacité de reproduction, de fécondité. C’est pour ces motifs qu’elle est en rapport avec le principe féminin.
         De son côté, Mercure représente le principe de liaison, d’adaptation, d’échanges, de mouvement. D’où la communication avec tous ses dérivés : parole, écriture, déplacements, mouvement spatial, etc.
Vénus représente le principe d’attraction, qui définit la valeur de ce que l’on doit rechercher, craindre ou éviter, donc ce qui attire ou qui repousse. D’où, son principe d’affectivité.
        Mars symbolise le pôle d’activité, c’est-à-dire l’aptitude à mobiliser les énergies de l’organisme en vue de parvenir à ses fins. D’où ses valeurs de conquête d’initiatives et d’actions.
        Jupiter symbolise toujours l’aptitude fonctionnelle à prendre de l’expansion. D’où son principe d’extraversion, de force centrifuge, d’élargissement.
       Saturne représente la capacité de conservation, de rétraction et de cristallisation. D’où son principe d’introversion, de force centripète, de rétrécissement ou de resserrement.
       Uranus représente le principe de singularité, d’indépendance. D’où l’anticonformisme uranien.
 Neptune symbolise le principe d’adhésion au collectif. D’où la communion neptunienne.
Enfin Pluton, est rattaché au principe de transformation et de métamorphose. D’où son pouvoir occulte (les choses cachées), secret, sexualité, mort.
Par conséquent, pour saisir ce qui vient d’être énoncé,  nous pouvons avancer ceci : Parmi les sciences humaines telles que la psychologie, la sociologie, la méthodologie, etc. L’astrologie est l’équivalent du piano vis-à-vis des autres instruments.
En effet, le piano est un instrument polyphonique qui permet, à lui seul, interpréter de manière réductive un morceau symphonique ou un air d’opéra sans qu’il y ait pour autant présentement, les 60 ou 120 exécutants demandé.
De leur côté les sciences humaines reposent sur le symboles (inconscient est symbolique : rêves, perceptions, sensations, etc.) et l’astrologie, comme il nous a été donné de le voir, est l’étude du symbole.
Par MUSCAT Frédéric - Publié dans : frederic.muscat
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Dimanche 5 février 2006 7 05 /02 /Fév /2006 11:50
Ilya Prigogine, Prix Nobel de chimie en 1977 pour ses contributions à la thermodynamique de non-équilibre, en particulier la théorie des structures dissipatives : dans son livre Entre le Temps et l’Éternité (éditions Fayard 1988) qu’il a écrit en collaboration avec Isabelle Stengers, Docteur en philosophie des sciences, écrit ceci :
“Ma vie intérieure est un exemple de la cosmologie ; je puis découvrir en moi-même le principe de l’univers, qui est évolution et créativité.”
 
           Le fait astrologique c’est d’abord, dans son essence, un fait psychologique ;  c’est un climat affectif. C’est pourquoi le thème natal n’indique que la tonalité psychique, le climat affectif qui va envelopper ou accompagner l’événement vécu. Car c’est l’événement vécu qu’il est (souvent) demandé à l’astrologue de deviner, d’interpréter avec plus ou moins d’arbitraire. Par conséquent, on doit toujours placer le pronostic sur le plan intérieur, ne pas le formuler en terme d’événements extérieurs au natif, mais dans le vocabulaire de ce qu’il ressent et éprouve, car le thème c’est d’abord et en premier lieu un climat intérieur.
           Zénon (Zénon de Citium v. 335 - v. 264 : fondateur du stoïcisme) disait que ce ne sont pas les choses qui nous touchent, mais le sentiment que nous en avons, et c’est ce sentiment – et ce sentiment seul – qu’il est donné de voir à l’astrologue.
           En effet, les événements extérieurs, n’ont en nous que la résonance que notre monde intérieur veut bien leur donner.
           Nous sentons déjà quelles limites sont ainsi assignées au pronostic astrologique. Dès l’instant où nous détectons seulement une tendance affective, nous suivons une action, un verbe, au reste actif ou passif, et par suite, une sensibilité, un sentiment. Mais l’objet de cette tendance nous échappe entièrement !
           C’est ainsi, qu’en astrologie, on doit abandonner l’idée qu’à un phénomène défini correspond dans la vie une situation invariable ; au contraire, l’astrologue doit se familiariser avec l’idée qu’une même configuration peut engendrer, par rapport à une situation donnée et une sensibilité particulière, des effets variés et parfois extrêmes.
           Pour expliciter ces notions, je prends un exemple : la dissonance Soleil-Mars chez la femme. Cet aspect c’est : l’agressivité (Mars) polarisée par l’autorité (Soleil).
           Elle révèle une structure sous la forme d’un état psychique bien déterminé, d’une attitude affective donnée ; il s’agit d’un “complexe de virilité”,  état de la femme qui part révoltée à la conquête de la vie, qui affirme un caractère revendicateur et tend à se comporter en homme dans la vie, se cramponnant à une virilité qui n’est pas de son sexe. Voilà ce qu’indique la dissonance Soleil-Mars en soi. Mais alors, en vertu d’une certaine plasticité des tendances psychiques et du niveau d’évolution du sujet, ce “complexe” aura des attaches diverses, suivra différents chemins et, finalement, se cristallisera sous des formes très variées.
           Chez certaines femmes, ce complexe se traduira simplement par un mauvais caractère ; chez d’autres, nous le verrons correspondre à une personnalité masculine, telle la “virago”. D’autres femmes, plus riches affectivement, parviendront à le sublimer sur le plan intellectuel où leur virilité cherchera à se tailler une place et à rivaliser professionnellement sur le terrain de l’homme.
           Chez d’autres encore, nous aurons la femme qui accepte en apparence les exigences de son sexe, se marie, a des enfants, semble mener une vie féminine normale, mais reste insatisfaite et frigide dans le mariage. Ou alors, ce complexe se traduira par le type homosexuel ou par le type de “l’amazone” etc.
           Mais ce n’est pas tout, car en vertu de la loi d’analogie, l’astrologue doit suivre le symbole à tous les niveaux, c’est la loi des correspondances universelles.
           C’est ainsi que pour rester dans notre exemple de Mars : le principe de Mars constitue la matière symbolique, et les conséquences biologiques, physiologiques, psychologiques, morphologiques, caractérologiques, pathologiques, etc. sont les différents points d’interférences de la même énergie, les différentes formes que revêt le thème martien suivant le plan de vie. 
C’est ainsi qu’avec Mars, par exemple, nous avons :
Niveau Biologique : Le tropisme (augmentation des pulsions), les pulsions.
Niveau Physiologique : Musculature, dentition, génitalité.
Niveau Psychologique : Passion désir ; agressivité haine.
Niveau Psychanalytique : Le stade oral, castration.
Niveau Pathologique : Inflammation, hémorragie, brûlures, sadisme.
Catégories humaines : La force de l’âge (Simone de Beauvoir dans le deuxième sexe), adversaires, rivaux, ennemis, malfaiteurs, le criminel.
Positions Profession : Le sportif, le chirurgien, l’avocat, le policier, le militaire, le boucher.       
Destinée Sociale : Luttes, inimitiés, embûches, dissipations, passions, procès, accidents, opérations, incendies, police, armée, guerre.
           Toutes ces ramifications sont issues du symbole martien, qui est une tendance agressive et active, c’est le verbe agir.
           De ce fait, le symbole est à l’astrologie ce que sont les chiffres aux mathématiques.
Par MUSCAT Frédéric - Publié dans : frederic.muscat
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Dimanche 5 février 2006 7 05 /02 /Fév /2006 11:46
Sur le lien suivant : http://www.cirs-tm.org/breve.php?id=404
Il nous est donné de d’apprendre ceci :
« Une tablette en ivoire vieille d’au moins 32 000 ans, découverte dans la région Alb-Danube (Allemagne), pourrait s’avérer contenir l’une des plus anciennes représentations d’étoiles. Il s’agit d’une petite plaque rectangulaire en ivoire de mammouth comprenant une figure anthropoïde et des encoches. Ces dernières sont au nombre de 86. Une partie d’entre elles est taillée sur la face où est sculptée la forme anthropoïde, plus précisément sur les côtés de celle-ci, et l’autre partie sur la face arrière. Les bras sont levés comme ceux d’une personne en position d’adoration. La jambe gauche est plus petite que la droite et la taille très étroite. Telles sont quelques-unes des indications fournies par Michael Rappenglück, qui a mené les recherches et qui est déjà renommé pour avoir mis à jour des représentations d’étoiles dans l’art préhistorique.
La forme anthropoïde correspond, selon lui, à un dessin de la constellation d’Orion. L’appendice présent entre les deux jambes représenterait une créature stellaire phallique, dans la droite ligne des conceptions anciennes d’après lesquelles Orion serait l’agent de la fertilité cosmique et de l’insémination céleste de la Terre. Cette interprétation permettrait d’expliquer la signification des 86 encoches. Ce nombre correspondrait non seulement au nombre de jours durant lesquels Betelgeuse, une des plus célèbres étoiles d’Orion, est visible, mais aussi au nombre de jours à soustraire d’une année pour atteindre la durée moyenne d’une grossesse. Les 86 encoches représenteraient par conséquent un calendrier de grossesse.
L’artisan de cette œuvre aurait appartenu aux Aurignaciens du Paléolithique supérieur, peuple dont le nom provient d’un abri sous roche se trouvant à Aurignac, dans les Pyrénées. Ce peuple est plus connu pour avoir supplanté les hommes de Néanderthal et donné les plus anciennes peintures rupestres de l’Europe de l’Ouest, auxquelles appartiennent celles de la célèbre grotte de Chauvet. »
Extraordinaire ! Ce comput remonte au Paléolithique inférieur, peu après la disparition d’Homo Neanderthalensis. Ce qui tendrait à prouver que l’homme de Cro-Magnon a déjà une conscience “protoastrologique” !
Par MUSCAT Frédéric - Publié dans : frederic.muscat
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Dimanche 5 février 2006 7 05 /02 /Fév /2006 11:39
Comment fonctionne le principe astrologique ?
En fait, dans le modèle du monde qui sous-tend l’astrologie, tout repose sur la lumière :
         - Les orbes des planètes (et donc des aspects) qui sont d’autant plus larges que la planète est plus lumineuse.
         - Les Maisons placidiennes (croissance et décroissance du cycle diurne).
         - Le cycle du zodiaque (variations de la déclinaison du Soleil).
         - Les qualités premières (chaud, froid, sec, humide) qui résultent de la lumière directe (chaud) du Soleil et de la lumière réfléchie (humide) de la Lune.
         Ainsi aussi dans l’astrologie ancienne tout repose sur la lumière. On n’a jamais fini de méditer sur ce point pour comprendre les textes de l’astrologie ancienne.
         Claude Ptolémée dans le Livre I du Tetrabiblos, justifie l’exaltation de la Lune en Taureau par la référence à la lumière, il écrit :
         “Sortant de sa conjonction avec le Soleil dans le Bélier - le lieu d’exaltation du Soleil -, la Lune accomplit sa première phase dans le Taureau et commence à accroître sa propre lumière” (Le Livre Unique de l’Astrologie, page 69)
         Quand la Nouvelle Lune a lieu dans le Bélier, la Lune devient visible quand elle est en Taureau. Or, chez les Anciens, la visibilité de l’astre est si fondamentale que pour Ptolémée c’est l’une des cinq maîtrises au même titre que l’exaltation, la domiciliation, le trigone ou les termes.
         Pourquoi ? Tout simplement parce que c’est à partir de ce moment là que la planète, libérée des rayons du soleil, devient active.
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Dimanche 5 février 2006 7 05 /02 /Fév /2006 11:36
“Il est vrai, sans mensonge, certain et très véritable : Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ; afin que les miracles d’une seule chose.” (La Table d’Emeraude)
Henri-Cornelius Agrippa, dit : “Judicia astrorum ex ipsis atque ex nobis sunt…” Soit : “C’est de nous autant que d’eux-mêmes que procède le langage des Astres…” 
“A ces origines, l’homme fait les dieux et le ciel à son image, et dans la puissance de cohésion du souffle spirituel qui soulève les humains à la rencontre du monde, le signifié humain va au-devant du signifiant astral qui lui correspond par le moyen et à travers un phénomène de « projection » de l’inconscient collectif.”
Gaston Bachelard dans son ouvrage : La Psychanalyse du Feu, page 67, écrit : “L’Astrologie repose sur la phénoménologie primitive qui est une phénoménologie de l’affectivité : elle fabrique des êtres objectifs avec des fantômes projetés par la rêverie, des images avec des désirs, des expériences matérielles avec des expériences somatiques, et du feu avec de l’amour.”
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Dimanche 5 février 2006 7 05 /02 /Fév /2006 11:32
“Toute création doit surmonter une anxiété. Créer, c’est dénouer une angoisse.”  (Gaston Bachelard La Terre et les rêveries du repos page 143)
         Les neurophysiologistes ont montrés que notre cerveau était plutôt un moyen d’interpréter le réel qu’un outil permettant de rendre compte du réel. Ainsi la vision qu’on a du monde reproduit notre monde intime. Pas étonnant que les génies, à travers leurs découvertes n’ont découvert que ce que leur psychologie décrivait.
         D’ailleurs Teilhard de Chardin écrit ceci :
         “Subjectivement, d’abord, nous sommes inévitablement centre de perspective, par rapport à nous-mêmes. Ç’aura été une candeur, probablement nécessaire, de la Science naissante, de s’imaginer qu’elle pouvait observer les phénomènes en soi, tels qu’ils se dérouleraient à part de nous-mêmes. Instinctivement, physiciens et naturalistes ont d’abord opéré comme si leur regard plongeait de haut sur un Monde que leur conscience pouvait pénétrer sans le subir ni le modifier. Ils commencent maintenant à se rendre compte que leurs observations les plus objectives sont toutes imprégnées de convictions choisies à l’origine, et aussi des formes ou habitudes de pensées développées au cours du développement historique de la Recherche. Parvenus à l’extrême de leurs analyses, ils ne savent plus trop si la structure qu’ils atteignent est l’essence de la Matière qu’ils étudient, ou bien le reflet de leur propre pensée. Et simultanément ils s’avisent que, par choc en retour de leurs découvertes, eux-mêmes se trouvent engagés, corps et âme, dans le réseau des relations qu’ils pensaient jeter du dehors sur les choses : pris dans leur propre filet. Métamorphisme et endomorphisme, dirait un géologue. Objet et sujet s’épousent et se transforment mutuellement dans l’acte de connaissance. Bon gré mal gré, dès lors, l’Homme se retrouve et se regarde lui-même dans tout ce qu’il voit.” (Le Phénomène humain, page 26)
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